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Depuis de nombreuses années, la situation financière de
la mairie de Lamotte Beuvron est fragile. Dès 1993, la Chambre Régionale des
comptes s’était alertée du mode de gestion de la commune de Lamotte Beuvron du
fait d’un résultat déficitaire supérieur à 10 % des recettes de fonctionnement.
Depuis, la commune n’a pas jamais réussi à se constituer d’épargne de gestion.
L’évolution de cette dernière est de – 1% en moyenne sur la période 2002-2007.
Pour compenser son incapacité à se constituer de
l’épargne de gestion, depuis 1999, la
commune a financé une grande partie de ses dépenses d’investissement (salle des
fêtes, médiathèque, aménagement de la place du marché, restaurant scolaire et
mairie aujourd’hui) par l’emprunt et la cession de ses actifs. La commune s’est
appauvrie en cédant ses actifs. L’emprunt a, quant à lui, connu des niveaux très
importants jusqu’en 2000 où la capacité de désendettement de la commune était
de 28 ans alors que la référence départementale est de 8 ans, avant de
bénéficier d’une renégociation et de remboursements anticipés grâce à la
faiblesse des taux et là encore à la vente de certains actifs…Ces cessions ont permis de
parer au manque de trésorerie de la commune sans pour autant le régler, tandis
que les nouveaux équipements financés venaient alourdir les dépenses de
fonctionnement. Cela étant accentué par des choix technologiques discutables
qui ont pu, eux-mêmes, être guidés par la faiblesse des capacités
d’investissement (ex : la salle des fêtes ou la piscine chauffées Ã
l’électricité !).
Depuis plus de 20 ans, la Mairie doit faire face à de
grosses difficultés de trésorerie. Pour parer à ces problèmes, les précédentes
municipalités ont équilibré leur trésorerie en décalant ou en reportant de
nombreuses opérations inscrites lors du vote des budgets prévisionnels. C’est ce qui explique que le
taux d’exécution des budgets d’investissements de la commune varie de 44 %
à 70% selon les années.
Cela
témoigne :
- d’une situation
financière tendue
- d’évaluations
budgétaires manquant de fiabilité
Le
budget prévisionnel 2008 (BP 2008) est un bon exemple de cette gestion :
61 400 € de dépenses ont été engagés au 1er trimestre 2008 sans
avoir inscrites au budget, et 995 000 € de recettes (dont la vente de terrains
au promoteur immobilier IDEC pour la réalisation de son projet dans la zone
d’activité) ont été inscrits au budget bien que très incertains quant à leur
réalisation avant la fin de l’année 2008.
L’ensemble de ces dépenses non prévues et de ces recettes
non réalisées représentent 1 056 847 € soit
37% du budget prévisionnel 2008 d’investissement, 20% du budget
prévisionnel 2008 de fonctionnement et
12 % du budget global prévisionnel 2008 .
A ces constatations s’ajoutent de nombreux emprunts à taux
variables, pris ou renégociés entre 2002 et 2007, dont les taux s’envolent du
fait qu’il n’a pas été prévu de « capage » à la hausse (+0,5% en 3
semaines). Ces prêts à taux variables qui ont permis de désendetter la commune
de 2002 à 2007 s’avèrent aujourd’hui dangereux pour l’équilibre de nos
finances. Négociés à des taux compris entre 2,5 % et 4% durant cette période,
ils approchent aujourd’hui des 5 %. Le
bénéfice réalisé par la commune grâce à ces emprunts pourrait être vite annulé
par la montée rapide des taux (augmentation de près de 28 % de la part
représentative du remboursement de l’intérêt de la dette entre 2006 et 2007).Un
budget s’établissant sur l’équilibre des recettes et des dépenses, le budget
prévisionnel 2008 ne peut plus être considéré comme fiable et sincère.
Après
une concertation avec les services de la sous-préfecture et du Trésor public,
il va être procédé lors du prochain conseil municipal à d’importantes
modifications budgétaires pour équilibrer le budget de la commune et le rendre
sincère.
Les
budgets suivants seront établis sur des recettes certaines et selon un
calendrier prévisionnel annuel des recettes et des dépenses.
Les
emprunts à taux variables, sans être « capés » à la hausse, vont être
renégociés pour stabiliser le remboursement de l’intérêt de la dette.
Des
plans pluriannuels de fonctionnement et d’investissement vont être mis en œuvre
lors du mandat pour mieux gérer le patrimoine et les besoins d’investissements
et de services de notre commune afin de
mieux prévoir nos dépenses.
En conclusion :
Les
difficultés financières de la ville sont récurrentes et remontent à une
vingtaine d’années. Elles résultent d’une interprétation assez libre des
capacités budgétaires de la commune et du retard pris dans la création d’une
intercommunalité. Elles s’expliquent notamment par la création d’équipements de
centralité qui ont bénéficié à l’ensemble des communes du canton, mais qui
n’ont pas empêché un recours important à l’emprunt. Si ces équipements ont pu
bénéficier lors de leur création de subventions d’investissement, il n’en va
pas de même pour leur fonctionnement et leur maintenance qui sont restés à la
charge de la seule commune et qui ont entraîné une inflation de la pression
fiscale. La gestion étant par ailleurs alourdie par certains choix fort
discutables, notamment sur les modes de chauffage.
La
délégation de la compétence économique de la commune et de la taxe
professionnelle qui l’accompagne, « prive » la commune du seul réel
levier d’action dont elle disposait jusqu’alors pour ajuster cette situation,
dans la mesure où la fiscalité locale est déjà très élevée et que
l’élargissement des bases fiscales conditionne la mise en œuvre de nouveaux
équipements… Ce levier est donc aujourd’hui aux mains de la communauté de
commune et résulte de la co-décision de plusieurs exécutifs municipaux. Il
convient donc de faire en sorte que la communauté de communes devienne beaucoup
plus attractive pour les entreprises !
Il
est donc important de garder à l’esprit que la reconstruction financière de la
commune, qui est nécessaire, sera difficile du fait :
- d’un
niveau de pression fiscale relativement élevé à Lamotte Beuvron en ce qui
concerne les 3 taxes perçues directement par la commune c’est à dire la taxe
d’habitation (15,95%), la taxe foncière sur les propriétés bâties (19,21%) et
la taxe foncière sur les propriétés non bâties (53,90 %). L’imposition des
ménages est supérieure de 12,5% à la moyenne nationale (taux régionaux TH
12,15%, TFPB 19,21 % – TFPNB 37,82 %).
- de
la structure des recettes de fonctionnement de la commune reposant
essentiellement sur les recettes provenant des taxes locales pour plus de 54 %
- d’une
capacité d’autofinancement quasi nulle et qui est devenue structurelle.
L’épargne de gestion souvent négative (estimée à - 200 000 €) ne permet pas de financer sans cession
d’actifs les dépenses de fonctionnement de la commune (sans que la commune ne
réalise le moindre investissement).
- que
seule une part de la taxe professionnelle est reversée à la commune par
la communauté de communes "Cœur de Sologne".
- qu’une
part importante de notre endettement repose sur des taux variables.
- du
choix d’augmenter rapidement ces dernières années la population de la commune
en espérant élargir les bases des taxes locales sans avoir bien mesuré, semble-t-il,
les nouveaux besoins en infrastructure et en services que cela engendre.
- de
charges de centralité supportées par la commune en tant que chef lieu de canton
et de transferts de charges à l’intercommunalité sans qu’ait été prise en
compte cette situation pour l’évaluation des charges transférées.
De nombreuses années seront nécessaires au rétablissement financier de notre commune. Il pourra être accéléré par une politique de développement économique dynamique de la communauté de communes "Cœur de Sologne" qui aurait pour conséquence une augmentation de ses recettes de taxe professionnelle qui bénéficierait par là -même à toutes les communes membres de la communauté de communes "Cœur de Sologne". Une autre piste porte sur les économies de fonctionnement, notamment par une meilleure isolation des bâtiments communaux, une révision des modes de chauffage, de la consommation électrique… ce qui nécessitera par ailleurs des investissements importants.