Origine du nom

Ville de Lamotte-Beuvron

Lamotte-Beuvron doit son nom à une « motte », en fait une butte de terre sur laquelle sera érigée au Moyen-Age, une modeste forteresse, et bien sûr, à la rivière toute proche.

Les rues de Lamotte-Beuvron

Connaissez-vous l’histoire derrière le nom de notre Rue ?
 
Les Rues gardent la mémoire de l’Histoire, de celles et ceux qui ont foulé ses pavés… Elles sont une trace tangible d’un passé collectif plus ou moins lointain de notre cité.
Alors connaissez-vous tous ces personnages dont les noms jalonnent vos déambulations lamottoises 

Par délibération du Conseil Municipal en date du 27 octobre 1934, la rue des Sables devient la rue du Docteur Chevallier.

Le Docteur Alphonse Chevallier est né en 1823 et meurt en 1906. Il s’occupe de l’état de santé de la population de Lamotte qui est assez médiocre compte tenu des étangs et des marais malsains qui provoquent la Fièvre Jaune. Le travail ne manque pas.

Le Docteur Chevallier acquiert donc une solide réputation.

En 1890, il est élu Maire de Lamotte-Beuvron, il démissionnera en 1902 prenant prétexte que lors d’un renouvellement du bureau, il n’avait pas été réélu à l’unanimité (il lui manquait une voix !).

Le Docteur Hervé lui succède sans succès, il fera donc appel à un jeune médecin originaire de Saint-Viâtre : le Docteur Augustin Dubois.

Le 27 octobre 1934, l’ancienne route de Chaon devient Rue Veuve Hamon, puis en janvier 1992, rue Jenny Hamon.

Jenny Caroline Chevallier est née le 29 juin 1842 à Lamotte-Beuvron. Elle avait de profonds liens familiaux dans notre commune : en effet, elle était la petite fille de Jean Laurent Chevallier et la fille d’Isaac Chevallier, tous les deux furent maire de Lamotte-Beuvron, elle était la cousine germaine du Docteur Alphonse Chevallier, médecin dans notre ville pendant des décennies et maire de 1890 à 1902. En 1865, elle épouse Ferdinand Hamon, libraire à Blois.

Par testament, après son décès survenu à Blois en 1921, elle lègue une somme de 10 000 F en stipulant que les rentes de cette somme iront à une jeune fille âgée de 21 ans, peu aisée, sage et méritante, prise en alternance entre Blois et Lamotte.

Grâce à ce legs, trois jeunes femmes de Lamotte-Beuvron ont pu être soutenues : Mesdemoiselles Suzanne Esnault en 1929, Amica Auger en 1931 et Renée Langlois en 1934.

Le 27 octobre 1934, la rue de la Colonie devient la rue du Château, puis en 1944 la rue du Docteur Vrain.

Gaëtani Marie Léon Vrain est né en 1860. Il exerce à Paris la profession de Docteur en médecine. Il meurt en 1937 dans le cinquième arrondissement.

Par testament, il lègue à la commune de Lamotte-Beuvron une rente annuelle de 4 000 F destinée à la fondation de deux prix en faveur de deux familles méritantes, de nationalité française et habitant la commune de Lamotte depuis plusieurs années.

Le 27 octobre 1934, la route de Brinon devient la Rue Veuve Boucher, puis en janvier 1992 la rue Cécile Boucher.

Cécile Louise Victorine Boiffard est née à Paris en 1856. Elle épouse Philibert Achille et devient propriétaire du Château de Tracy où elle décèdera en 1915.

Quelques mois avant sa mort, elle avait rédigé un testament : elle léguait son château à Mesdames Madelaine Dupont et Jeanne Letourneur, toutes les deux nées Brocot, à charge pour elles de payer à la commune de Lamotte, dans l’année qui suivra son décès, une somme de 100 000 F à laquelle pourront s’ajouter d’autres legs et qui devra servir à la fondation d’un hôpital pour les malades et les vieillards.

Grâce à cette donation, la commune vit ses recettes multipliées par quatre en 1916 passant de 28 458 F à 127 584 F et c’est en remerciement que la route de Brinon (qui passe par Tracy) portera son nom.

Le 9 juin 2017, l’allée reliant la Gendarmerie à la RD2020 a été nommée “allée Hénia JAGLA” et inaugurée le 23 avril 2022 en sa présence.

Hénia JAGLA née en Allemagne en 1923, de parents juif polonais, est arrivée en France à l’âge de 5 mois. Elle vivait à Nancy avec ses parents, son frère et sa sœur quand la guerre a éclaté en 1939.

La famille JAGLA fut rattrapée par les Allemands en juillet 1941 et elle fut emprisonnée au camp d’internement du Sanatorium des Pins à Lamotte-Beuvron. Le 27 juin 1942 Hénia, alors âgée de 18 ans, s’enfuit à pied vers Orléans.

Grâce aux recherches des élus, Hénia JAGLA a été retrouvée en 2017 à l’âge de 94 ans et leur a délivré son histoire et son mess age d’espoir.

Afin de desservir la nouvelle Gendarmerie et le futur Hôtel des apprentis, une allée reliant les constructions à la RD2020 a été créée. Sur proposition de Monsieur le Maire, le Conseil municipal a voté à unanimité, lors de la séance du 9 juin 2017, de nommer ” l’Allée Hénia JAGLA ” en hommage à Madame JAGLA avec son accord, enfermée en mars 1942 au Camp d’internement de Lamotte-Beuvron (locaux du Sanatorium) réservé aux tziganes et aux juifs d’où elle s’est évadée le 27 juin 1942.

Monsieur le Maire, Pascal BIOULAC et Hénia JAGLA accompagnés de sa famille et des élus, ont inauguré l’Allée en dévoilant la plaque installée à l’entrée, le 23 avril 2022.

Le 19 janvier 2004, la voie prenant son départ rue Maurice Genevoix dans le lotissement de La Saulnerie est nommée “rue Marguerite Audoux ”.

La rue Marguerite Audoux est située dans le secteur des auteurs phares de la région : Maurice Genevoix, Alain-Fournier, Eugène Labiche…

La Sologne a une place singulière dans l’histoire et l’œuvre de Marguerite Audoux, la couturière des lettres

Marguerite Audoux est une romancière née à Sancoins (Cher) en 1863. Après la perte de sa mère à l’âge de 3 ans, elle est confiée à une tante, puis à l’orphelinat. À 14 ans, elle devient bergère et servante de ferme en Sologne chez la famille Dejoulx, au domaine de Villeneuve situé à Sainte-Montaine (Cher). À 18 ans, Marguerite quitte le Berry et part s’installer à Paris. Elle exerce le métier de couturière, puis ouvre par la suite un atelier. Dès l’adolescence, la lecture est son refuge, elle passe aussi des nuits à écrire. Ses relations l’amènent à rencontrer d’autres écrivains et artistes parisiens.

Les souvenirs de Marguerite Audoux sont compilés dans un manuscrit qui parvient à un éditeur, celui-ci accepte avec enthousiasme de le publier. Ce roman, qui trouve ses racines dans le Berry et en Sologne, est publié sous le nom de « Marie-Claire » en 1910. Il obtient un grand succès, reçoit le prix Femina et est traduit dans plusieurs langues. D’autres romans suivront : « L’Atelier de Marie-Claire » en 1920, « De la ville au moulin » en 1926, « La Fiancée » en 1932, et « Douce Lumière », publié en 1937 à titre posthume, suite à la mort de la romancière la même année. Ces romans témoignent des conditions de vie et de travail des femmes au début du 20e siècle, traitant également des relations amoureuses et du traumatisme de la guerre chez les hommes.

Sa rencontre avec Augustin Dubois, médecin lamottois
Ce n’est pas par hasard que la rue Augustin Dubois (1874-1948) est située non loin de la rue Marguerite Audoux. Augustin Dubois, admirateur de l’auteure, lui rend visite à Paris suite au succès de « Marie-Claire ». Savait-il que son oncle Henri Dejoulx (qui est renommé Henri Deslois dans Marie-Claire) figurait parmi les personnages ? Ce dernier, a entretenu une relation avec Marguerite Audoux, du temps où elle travaillait adolescente dans une ferme solognote.

Depuis 2015, un musée situé à Sainte-Montaine est consacré à l’écrivaine, à son œuvre, ses amitiés littéraires (Alain-Fournier, André Gide, Octave Mirbeau, Maurice Genevoix…) et son attachement profond à la Sologne. On y retrouve des objets familiers et des souvenirs (correspondances, manuscrits, tableaux, photos, etc.).

L’anecdote
Marguerite Audoux ne s’intéressait pas aux questions politiques, ni à des courants de pensée comme le féminisme. Elle était toujours en retrait. On a voulu lui donner la Légion d’Honneur, mais elle n’a jamais renvoyé le formulaire complété.

Les correspondances inédites entre Marguerite Audoux et Augustin Dubois sont à découvrir dans le n° 62 du bulletin du GRAHS « La Sologne et son passé ».

La « nouvelle route de Chaon » est créée avec la construction de l’Hôtel de Ville de Lamotte-Beuvron en 1862. Elle remplace ainsi l’ancienne route de Chaon, dite autrefois « rue du Moulin », actuellement rue Jenny Hamon. Elle sera baptisée Ernest Gaugiran, probablement après sa disparition en 1906, comme un symbole, elle rend hommage à ce personnage public très investi dans les deux communes qu’elle relie.

Ernest Gaugiran : « Tout pour la Sologne : pour elle et par elle ».
Ernest Gaugiran est né en 1818, d’une mère lectrice de la princesse impériale Pauline et d’un père colonel de cavalerie dans l’armée napoléonienne.

Une vocation artistique contrariée
Bien que bercé dans un univers militaire, c’est dans le monde littéraire et artistique qu’Ernest Gaugiran fait ses premières armes. Premier prix de la classe du peintre Léon Cogniet, il est également acteur et souffleur de théâtres de salon.

Un amour du théâtre qu’il partage, bien des années plus tard, avec son ami Eugène Labiche ou à l’occasion, dans quelques pièces qu’il s’amuse à écrire pour les « récréations des écoles primaires » de Chaon et de Lamotte-Beuvron.

Sur le point de s’inscrire dans un conservatoire, Ernest Gaugiran reçoit l’ordre de s’inscrire à la faculté de droit et travaille dans l’étude d’un avocat.

Un voyage pour tomber amoureux du monde rural
Peu assidu à ses études du Code Civil et après avoir refusé des postes dans la diplomatie, Ernest Gaugiran entreprend des voyages à travers la France et l’Europe. Ces voyages lui donnent le goût de la nature. En 1847, alors qu’il chevauche entre Paris et Toulouse, il s’arrête en Sologne, s’y installe et entreprend des travaux agricoles.

« Posté dans une chasse au lièvre, entre une lande et un champ de sarrazin, j’ai entendu pour la première fois la vérité ; je ne connaissais rien à la végétation, j’ignorais le froment et le seigle, pourquoi ces champs rapportaient l’un plus que l’autre, j’eu honte de mon ignorance, je rougis de ma vie oisive et oiseuse et pour les racheter toutes les deux, je viens d’acquérir la forêt de Chaon. » Ernest Gaugiran à Léon Cogniet

Journaliste et polémiste, Ernest Gaugiran défend l’amélioration de la région jusqu’au début du 20ème siècle. Ses innombrables articles sont publiés dans la presse régionale et dans des revues agricoles nationales. Voies de communication, assainissement, défrichement des bois et prairies : en 1849, il écrit dans le journal l’Assemblée Nationale, le programme de la transformation de la Sologne. 

Ce programme, lui vaut d’être recommandé à l’administrateur des domaines solognots de Louis-Napoléon Bonaparte, alors Président de la République. Sur son initiative, il le fait signer à 45 propriétaires, rassemblés à l’Hôtel de Ville de Lamotte-Beuvron.

À l’origine du Comice de Lamotte, dont il est le Président, il organise des concours et des fêtes agricoles restées légendaires. Toutes ces missions de promotion agricole, lui ouvrent les portes du Comité Central Agricole de la Sologne dont il devient, en 1862, le secrétaire archiviste.

Un homme de progrès
Conseiller d’arrondissement de 1853 à 1871 et Maire de Chaon de 1860 à 1870, Ernest Gaugiran fait évoluer la commune. Il y fait construire de nouvelles routes, un presbytère, la place centrale et une mairie école.  Son action pour l’école ne se limite pas à la construction du bâtiment. Avec l’instituteur, il crée les « bancs d’asile » permettant de recevoir gratuitement les enfants de 4 à 7 ans, pas encore scolarisés, afin qu’ils soient surveillés.

L’instituteur de Chaon, le décrit comme un homme très soucieux de l’épanouissement de la commune, du bien-être des habitants et des commodités de leur vie quotidienne. Présenté également comme un urbaniste averti, il fait présenter à Napoléon III, un plan sur lequel il a tracé les voies ferrées Blois-Gien-Aubigny et Gien-Bourges.

Au terme d’une vie consacrée au bien public, Ernest Gaugiran décède en 1906, il est inhumé au cimetière de Lamotte-Beuvron. La stèle familiale est surmontée de son portrait.

Bibliographie : Les ouvrages de référence à la rédaction de cet article ont été consultés au Centre Régional de Ressources Patrimoniales de la Sologne (C2RPS) du GRAHS.

Chaon, Patrimoine dans votre commune du CDPA41 ; Annales du CCAS, Tome XIII, N°72, 4ème trimestre 1906. Article rédigé avec le soutien du Groupe de Recherches Archéologiques et Historiques de Sologne.

Par délibération du Conseil Municipal en date du 27 Octobre 1934,
la rue du Vieux Bourg devient rue Durfort de Duras

Jacques Henry de Durfort duc de Duras est né à Duras, une petite bourgade du Lot et Garonne en 1625 et mort à Paris en 1704.
D’abord lieutenant général puis gouverneur de la Franche-Comté, il sera promu maréchal en 1675 et doyen des maréchaux de France en 1694.
Jacques Henry de Dufort Duras est à l’origine de la création de la paroisse de Lamotte en raison de la distance entre Lamotte et Vouzon pour assister à la messe. Grâce à ses relations avec Louis XIV, dont il était un familier, et à l’appui de l’évêque d’Orléans et malgré la vive opposition du curé de Vouzon soutenu par l’évêque de Beaugency, il fit aboutir cette décision.
Le 13 Mai 1702, un accord est signé à Versailles : le curé de Vouzon accepte le démembrement de sa paroisse à condition, et ce fut le cas, que ses intérêts soient sauvegardés.

D’après Monsieur Christian Poitou
« La formation d’une paroisse de Sologne »

Photos issues de la collection de M. Jacques Asselineau

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